Les modes de détention

d’un actif

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les modes de détention d'un actif

Les modes de détention sont la variable d’ajustement suprême d’un investissement car ils bouleversent l’intensité et la nature des risques des classes d’actifs.

Les différents modes de détention

Pour une classe d’actif donnée, vous disposez de plusieurs modes de détention possibles. Vous pouvez par exemple détenir votre bien :

> Physiquement, ou sous forme de Titres financiers

> En détention vive, ou sous forme collective

> En pleine propriété, en usufruit, ou en nue-propriété

La diversité de ces modes de détention vont bouleverser et enrichir les caractéristiques de votre investissement. Vous devez donc être en mesure de les reconnaître et de comprendre leurs conséquences, pour valider les dispositions particulières que vous souhaitez appliquer à votre investissement.

1/ Détention physique, ou sous forme de titres financiers ?

Ca y est ! Vous en êtes convaincu, vous souhaitez acheter un peu d’or pour diversifier votre patrimoine (classe d’actif des matières premières). Vous devez maintenant déterminer le mode de détention de cet actif le plus adapté, selon vos objectifs et vos contraintes.

Allez-vous le détenir :

> Physiquement ? C’est à dire que vous allez acheter et détenir des pièces d’or, ou des lingots. Vous devrez dans ce cas penser à un lieu de stockage sécurisé (location d’un coffre sécurisé ?).

> Sous forme de Titres financiers ? Vous pourrez alors loger ces titres « or » sur votre compte titres, sans problématique de stockage particulière.

Si l’on considère uniquement l’aspect « protection physique » de l’investissement, la réponse semble évidente : on opterait, à moindre coût et pour moins de complications, à la solution de l’or sous forme de titres financiers.

Mais si vous considérez l’or comme une protection en cas de détérioration globale des marchés financiers, vous préférerez sans doute « avoir la main » sur cet actif, et ne pas laisser de nombreux intermédiaires entre vous et votre investissement « refuge »….

Et encore, ce ne sont pas les seuls implications de ce choix !

D’autres exemples

Comme pour l’or, vous pouvez détenir de nombreux actifs soit physiquement, soit au travers de titres financiers.

Cela semble évident pour les Liquidités Monétaires et les Devises :  vous pouvez détenir des billets dans votre portefeuille (ce qui représente une détention physique de liquidité monétaire) ou des chiffres sur votre ligne de compte, ce qui représente la détention d’un « titre financier », dans le sens où il est écrit sur un compte que vous êtes créancier auprès de la banque de la somme équivalente au solde de votre compte courant.

Mais c’est aussi possible avec l’immobilier, dont la détention est possible :

> en Direct : vous possédez un bien en votre nom propre.

> via une SCI : vous possédez des parts de la SCI qui détient le bien .

> sur un Compte Titres : si vous optez pour des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier).

> sur une Assurance Vie ou un Contrat de Capitalisation : si vous optez pour des OPCI (Organismes de Placement Collectif en Immobilier).

Voyons les différences de risque entre ces deux modes de détention :

La détention physique

Voici les avantages que vous trouverez dans ce mode de détention :

> Une forme de contrôle : vous détenez vous-même le bien. Aucun autre intermédiaire ne peut le « contrôler ».

> La perception d’une valeur tangible « réelle » : c’est notamment une notion importante pour ce qui concerne les métaux précieux, notamment parce qu’on en parle comme « d’investissement refuge ». Détenir de l’or est d’autant plus sécurisant qu’on le détient soi-même.

> La libre disposition de jouissance. C’est notamment le cas avec l’immobilier : vous pouvez vous-même occuper un bien que vous détenez « physiquement », mais vous ne pouvez habiter une part de SCPI !

> La possibilité du développement d’un affect, lié à cette possession (cas d’une résidence de famille, d’un bien mobilier etc.). Notons que ceci peut être une valeur ajoutée, comme un inconvénient (difficulté de se séparer d’un bien dont il « faudrait » raisonnablement se séparer).

En voici ses inconvénients :

> Un ticket d’entrée plus élevé : il est impossible de trouver un appartement pour 20 000€ dans une grande métropole, alors que vous pouvez acquérir des parts de SCPI d’immeubles très bien placés pour cette somme.

> Un risque concentré : si vous achetez un appartement destiné à la location, vous supportez 100% des risques locatifs liés à cet appartement, alors que si vous achetez des titres de SCPI, vous avez répartis les risques locatifs entre plusieurs dizaines d’immeubles. Si l’un d’entre eux n’est pas loué, votre rendement global n’en sera que très faiblement affecté.

> Une moindre liquidité, c’est à dire la faculté de revendre facilement et rapidement le bien. Elle dépendra toujours du bien en lui-même (état, localisation) et de la conjoncture du marché. Mais il est normalement toujours plus difficile et long de vendre un bien immobilier en particulier que de revendre des parts de SCPI en quelques clics, par exemple. Dans le cas de métaux précieux, une revente physique peut exiger déplacements, expertises, transfert des valeurs ; alors que la vente d’une ligne de fonds sur son compte titres se fait en quelques secondes.

> Vous avez la charge de la gestion de ce bien, ce qui peut impliquer de passer du temps et de l’énergie.

> le coût de stockage et de conservation : particulièrement vrai dans le cas de la détention de matières premières. S’il est patrimonialement sécurisant de détenir de l’or, encore faut-il le stocker à l’abri de toute dégradation et vol.

> Enfin, l’accès à certains marchés est délicat, difficile (par ex. marché des locaux professionnels), voire impossible en dehors d’un investissement sous forme de titres financiers.

La détention sous forme de titres

Cette forme de détention inverse les avantages et les inconvénients pré-cités. Ainsi, détenir des actifs sous forme de titres vous autorisera une souplesse plus grande dans le montant à investir, vous permettra potentiellement de diversifier (réduire) votre risque, d’améliorer la liquidité de l’actif, de vous décharger de la gestion quotidienne du sous-jacent, de réduire les coûts de stockage et de conservation, et d’accéder à certains marchés plus confidentiels. 

En revanche, vous introduisez des intermédiaires entre vous et le sous-jacent (c’est à dire l’actif lui-même, qui est représenté par le titre financier), ce qui induit une perte de contrôle sur celui-ci. Cela entraîne l’apparition d’un risque de contrepartie, qui peut se manifester par le fait que l’actif réel n’est en fait pas disponible (c’est le cas sur l’or par exemple, pour lequel le stock d’or mondial est largement inférieur aux positions prises sur les titres « or », ce qui signifie que si chaque investisseur en titre « or » demandait sa contrepartie en or, très peu sont ceux qui l’auraient réellement) , ou par le fait que l’établissement qui doit vous délivrer la prestation n’est plus en état de le faire.

On peut ajouter également l’introduction d’un risque de marché, qui peut s’expliquer à la fois parce que certains fonds ne correspondent pas à 100% à l’équivalent d’une détention « physique », comme c’est le cas par exemple pour les OPCI (Organismes de Placement Collectif en Immobilier), qui sont des fonds immobiliers éligibles aux contrats d’assurance vie. Ils sont certes composés en grande partie de biens immobiliers « physiques » réels, mais également d’actions de sociétés foncières. Or la valorisation de celles-ci est pour partie dépendante de l’évolution des marchés financiers… on introduit donc une part de risque de marché dans un titre à caractère immobilier que l’on aurait pu croire 100% décorrélé des marchés financiers.

Concrêtement, que devez-vous choisir ?

Il n’y a pas dans l’absolu de bons ou de mauvais choix, mais comme souvent dans la gestion de patrimoine, uniquement des options qui correspondent à un objectif, ou non. Vos investissements doivent être, par définition, paramétrés sur-mesure. Car ensuite, tout est possible !

Je recommanderai cependant, pour l’intérêt uniquement de valeur refuge que représente l’or, de le posséder physiquement, en direct. Et même de parvenir à le stocker en dehors de tout réseau bancaire. Car en cas de catastrophe absolue sur le système monétaire et financier mondial, la détention de titres or ne vous serait, à mon sens, d’aucun secours. La conservation « physique » d’un actif est à privilégier pour renforcer la garantie de valeur que vous souhaitez attribuer à ce bien.

2/ Titres vifs ou détention collective ?

Vous êtes convaincus de devoir augmenter l’exposition (c’est à dire le risque de marché) de votre épargne financière, et vous envisagez d’acheter des actions.

Très bien !!

Mais allez-vous opter pour des titres vifs (c’est à dire la détention d’actions d’entreprises que vous aurez sélectionnées) ou pour des OPCVM (vous achetez des parts de fonds qui investissent dans des dizaines voire des centaines d’actions d’entreprises différentes) ?

Vos critères de décision

Votre prise de décision, sur ce point, dépendra des éléments suivants :

> Votre appétence au risque : pour une classe d’actif donnée (qui comporte déjà en elle-même un certain niveau de risque), quel degré de risque souhaitez-vous prendre ?

> Votre degré de connaissance et d’expérience sur les marchés financiers.

> Votre degré d’implication dans le suivi et la gestion de votre portefeuille de titres.

> Les possibilités offertes par votre support d’investissement (votre « contenant ») : certains comptes ou contrats comportent des restrictions, selon lesquelles vous ne pouvez pas choisir tel ou tel mode de détention. C’est par exemple le cas de la plupart des contrats d’Assurance vie et de Capitalisation qui ne permettent pas, en général, la détention de titres vifs. Vous ne pouvez donc pas acheter des actions en direct au sein de ses contrats, et vous êtes contraint d’opter pour des fonds communs de placement.

> D’autres critères particuliers, comme par exemple votre volonté (ou votre besoin) de percevoir les dividendes distribués par les entreprises dont vous êtes actionnaires. De manière générale, si vous possédez des titres actions en vif, vous allez directement percevoir les dividendes distribués ; par contre, si vous détenez des parts d’un fonds actions, il est fort probable que le fonds ne vous redistribue pas les dividendes qu’il perçoit pour votre compte, mais qu’il les réinvestisse dans l’acquisition de nouveaux titres.

Quels sont donc les avantages d’investir dans les marchés financiers via des fonds, plutôt qu’en direct (acquisition de titres vifs) ?

Investir dans des fonds (FCP, OPCVM, SICAV):

Voici les avantages attendus de l’investissement dans un fonds, quel que soit le sous-jacent (Actions, Obligations, Immobilier, etc.)

> La diversification : le premier avantage en investissant dans un fonds, c’est que vous allez investir dans plusieurs dizaines de titres (ou de biens immobiliers, le cas échéant). Ce faisant, vous réduisez le risque « intrinsèque » lié à la nature du sous-jacent du fonds. Pour faire simple : un fonds d’actions de grandes entreprises européennes sera moins risqué (il sera moins « volatile » ) qu’une seule action d’une grande entreprise européenne.

> la mutualisation : l’autre intérêt est de faciliter la mise en place de portefeuilles diversifiés. Si vous deviez le faire par vous-mêmes, cela vous obligerait à plusieurs dizaines d’opérations et de transactions, pour lesquelles vous seriez d’autant plus facturé.

> La délégation de gestion : le gérant d’un fonds assure lui-même la gestion du fonds, dans le cadre de l’objectif et des contraintes du fonds. De votre côté, vous êtes donc libérés de la gestion quotidienne des titres qui composent le fonds….ce qui ne vous exonère pas de la nécessité de surveiller, périodiquement, la qualité et les résultats de la gestion des fonds que vous avez choisis.

> la liquidité : opter pour un fonds peut favoriser la liquidité de votre portefeuille de titres. C’est notamment le cas lorsque l’on veut investir sur des titres de plus petites entreprises, pour lesquelles le marché est plus restreint. Il est alors intéressant de pouvoir investir sur cette catégorie de titres via un fonds qui peut améliorer la liquidité de ce sous-jacent dans votre portefeuille.

Les inconvénients liés à l’investissement dans des fonds plutôt que dans des titres vifs sont les suivants :

> L’implication d’un intermédiaire supplémentaire (la société de gestion d’actifs qui gère le fonds que vous achetez) occasionne des frais (frais d’entrée, frais de gestion) qui viendront rogner la rentabilité de l’investissement, et fait naître également le risque de contrepartie, c’est à dire que l’exécution effective du contrat peut être remise en cause, dans certains cas, en cas de faillite de la société de gestion.

> Enfin, sur certaines classes d’actifs, la liquidité d’un fonds n’est pas toujours garantie par la société de gestion, voire fait l’objet d’avertissements et de restrictions très fortes.

Retenez que l’utilisation de fonds est recommandée pour faciliter la diversification de ses actifs et bénéficier d’une gestion « professionnelle »à moindre coût. Vous devriez commencer par là si vous débutez sur les marchés financiers.

3 / Le Démembrement de propriété

La propriété de certains actifs, comptes, ou contrats peut faire l’objet d’un démembrement. C’est à dire que les différents droits liés à la propriété (on parle de « pleine propriété ») d’un bien sont répartis entre plusieurs types de propriétaires différents.

PP = USF + NP

La Pleine Propriété (PP) d’un bien est constituée de :

> L’Usufruit (USF), qui désigne le droit d’utiliser le bien (d’en avoir la jouissance) et d’en percevoir les revenus (les loyers d’un appartement par exemple).

> La Nue-Propriété (NP), qui désigne le droit de disposer d’un bien (le vendre, le donner, le détruire …).

Ainsi, si vous possédez un bien en pleine propriété, cela signifie que vous en possédez l’usufruit ET la nue-propriété.

Il peut exister de nombreux intérêts patrimoniaux à ne pas posséder un bien en pleine propriété, que ce soit pour des raisons de transmission du patrimoine, de plus-value à long terme, de simplicité de gestion, de fiscalité….

S’il s’avère qu’il y a un intérêt particulier à bénéficier de ces dispositions, il faudra impérativement tenir compte du fait que certains actifs (« contenus »), certains supports (« contenants »), ou certains modes de détention ne permettent pas de mettre en place un démembrement. 

Mais dans tous les cas, si vous êtes en indivision, retenez que vous ne pouvez pas décidez seul de disposer du bien, mais vous devez vous entendre avec les autres propriétaires (les indivisaires) pour ce qui est notamment de transmettre (donner) ou de vendre le bien. Des conventions règlent, en général, la question de la gérance (administration courante du bien ou du contrat).

A retenir

> Les modes de détention permettent d’ajuster à votre convenance les risques intrinsèques d’un actif patrimonial.

> Ils autorisent une multitude de combinaisons entre la nature de l’actif patrimonial et son impact en terme de risque dans l’équilibre global de votre patrimoine.

> Ce n’est pas l’investissement qui doit définir vos objectifs, mais bien vos objectifs qui dessinent votre placement idéal. 

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